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Les tubes de l'été
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Cœur de rubis :
Lio chante Prévert


Une étoile & moi
(Judy & me)


Irma la douce
Autour des Tubes de l'été
 
Site de Flammarion
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Revue de presse
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Les tubes de l'été
 
Vous connaissez la vieille rengaine : « la démocratie, c’est ce qui reste quand on a tout essayé… ». Eh bien, pour moi, « le tube », c’est pareil.

Par essence et de naissance, le tube est démocratique. Quand le tube s’impose, la minorité, à défaut de reprendre le refrain en choeur, ne peut quasiment pas échapper à son écoute. Même sans marketing, le tube, c’est le truc qui reste quand on a tout écouté. Une fois avéré, le tube demeure : en mémoire, très personnel ou à deux, familial, professionnel, réjouissant, bouleversant, collectif, en petit comité ou à l’échelle nationale.

Sur le plan économique, le tube est démocratique et populaire. Avant le disque, il se faisait connaître par les chanteurs des rues et on apprenait les paroles en achetant les « petits formats », livret de 4 pages, vendus à la criée. C’est ainsi qu’est née l’édition musicale, secteur florissant de l’industrie, le seul que la dématérialisation ne touche guère.

Au début des années 1950, les Américains ont inventé « la rondelle », le 45 tours simple, avec 2 chansons, vendu 1 dollar, accessible à tous. J’ai vécu cette révolution-là. Elle a été l’âge d’or de ces chansons de 2 minutes 20 secondes en moyenne, avec « intro » aux sonorités originales, petite histoire, refrain, « pont » avec gimmick, ritournelles inouïes de simplicité et d’efficacité mélodiques, pop, rock, slow, acidulées ou souriantes.

La série réalisée par Le Monde s’ouvre en 1956 : une date fondatrice pour le tube. Alors que les chiffres de vente du disque explosent aux États-Unis, comme bientôt en France, le rock déferle, la pop se répand, le folk fait le tour du monde, musiques populaires noires et blanches se croisent pour la première fois au pays d’Eisenhower et jouent leur partition dans la lutte pour les droits civiques.

1956, c’est aussi le coeur de l’histoire du Brill Building, un immeuble new yorkais où des éditeurs malins abritaient une escouade de jeunes auteurs compositeurs – Lieber et Stoller, Pomus et Shuman, Goffin et King, Barry et Greenwich, Bacharach et David, … – qui vont pondre en 3 ou 4 ans, une bonne centaine de tubes, numéro 1 des hit-parades aux États-Unis et dans le monde. Jailhouse Rock, Locomotion, mais aussi Along Came Jones (Zorro est arrivé) sont nés là. En France, on ne dit pas encore tube, les musiciens parlent entre eux de « saucisson », allusion aux rondelles de 45 tours et Boby Lapointe en fera une chanson. En 1957, exaspéré par le rock et l’invasion des chansons à succès « commercial », Boris Vian écrit Le Tube.

« V’là les
Accessoires
Pour faire un succès
Un’rue
Un trottoir
Une môm’ bien roulée
Un gars
Chandail noir
Et cheveux collés
Rengaine
Qui traîne
Ni triste ni gaie

V’là les
Accessoires
D’une histoir’ d’amour
… »

Et l’histoire finit mal, façon Hector Malot, en drame à l’eau de rose. Comme pour sa parodie du rock (Rock n’ Roll Mops), Vian confie le texte à Henri Salvador. La chanson n’est pas passée à la postérité, mais son titre est entré dans le vocabulaire populaire.

Dès lors que l’on a bien assimilé la notion de tube, sa version estivale va de soi. Détente, danse, rencontre, joie de vivre, émotion, pulsion, amitié, exotisme, liberté.

La sélection des « plumes » musicales du Monde est d’autant plus intéressante qu’elle retient les phénomènes plus que la stricte statistique des ventes. Il est remarquable que 1968 et ses résonances habituelles passent l’été avec l’immense Comme d’habitude, même si – politiquement – on retiendra que la plus grosse vente de l’année fut enregistrée par Sheila avec Petite fille de Français moyen.

Ces 50 tubes (de l’été) – en réalité, 51 – offrent une palette d’entrées dans l’histoire de la musique populaire : 21 sont le fait d’artistes français et étrangers déjà établis quand survient le tube ; 11 sélections racontent un succès qui marque le début d’une carrière, quelquefois d’une vie de chansons (Paul Anka, Enrico Macias, Abba, Polnareff) et 8 sont des tubes « météor » (Sympathy, Lambada), ce que les Américains appellent un « One hit wonder ». Un refrain, un nom, une saison, une petite fortune. Et puis s’en va. Toujours intéressants, souvent passionnants, quelquefois déroutants, il y a les « inclassables ». Tout un été (1982) à chanter avec Bachelet, Les corons. Plus étonnant encore : tout un été (1971) à fredonner avec Joan Baez, Here’s to you Nicola and Bart, l’histoire de deux anarchistes italo-américains exécutés en août 1927. 50 ans, 50 étés, 50 tubes et plein d’histoires. Je suggère une lecture aléatoire de ce livre, façon mode Shuffle à l’heure de l’I POD.

Mais évidemment,

« Chacun fait fait fait
C’qui lui plaît plaît plaît »

Pierre Lescure
© Flammarion/Le Monde

 
 
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